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Le HDB

La France a ses HLM, Singapour a ses HDB. En 1960, pour sortir la population des bidonvilles, le "Housing and Development Board" réussit un ambitieux chantier de construction de 50.000 logements en 5 ans. Les batiments sont familièrements appelées des "HDB".

Avant les HDB : les "kampong" des années 50 (source mnd.gov.sg, sg101.gov.sg).
Un HDB construit en 1960 (source Seloloving sur wikipedia).

A la différence de nos HLMs, les singapouriens peuvent acheter leur HDB pour 99 ans. Ils sont libres de le revendre avant échéance, donc on trouve maintenant sur les marché des HDB à vendre pour 40 ou 60 ans (avant qu'il ne retourne au gouvernement), à 2 ou 3 fois le prix d'achat. Ils peuvent aussi le louer, sous certaines conditions.


L'obtention d'un HDB se fait sous condition de ressources (par ex: gagner moins de 7.000S$/mois), selon l'ethnie afin de ne pas créer d'enclave communautaire (par ex: il faut maximum 30% de personnes d'origines malaise) et selon... un tirage au sort, car il y a beaucoup de prétendants mais pas assez de logements. C'est en effet le graal, car non seulement on peut le revendre avec une belle plus value, mais, plus prosaiquement, c'est le moyen le moins cher d'habiter la ville. 80% des singapouriens vivent en HDB (src).

Visite d'un HDB moderne.

Les HDB sont généralement regroupés en "blocs", où plusieurs immeubles sont réunis face à une cour centrale avec des équipements sportifs/jeux pour les enfants. Un hall couvert peut accueillir différents évènements comme des repas de fête, des séances de sport, des mariages ou des funérailles. Il est ainsi assez courant que de la musique résonne entre les batiments, pas parce qu'un voisin indélicat s'enjaille, mais car quelque chose est célébré dans l'espace communautaire.


Dans beaucoup de HDB, personne n'habite au rez-de-chaussé, laissant un labyrinthique espace ouvert sous les appartements : le "hdb void deck". Pensé comme un espace communautaire, il peut offrir des tables de ping pong, des bancs, des lockers pour recevoir ses colis, des distributeurs de boissons, voire même des mini-bibliothèques.

Vidéo d'un HDB void deck la nuit. Le son est d'origine.
Les void decks sont souvent vides -comme leur nom l'indique- et laissent une impression d'espace liminaire. (source 1, 2).
Rayonnage de livres dans un void deck.

De mon côté, j'habite actuellement un HDB loué par une famille partie vivre à l'étranger. L'isolation phonique/thermique est bonne, les espaces extérieurs sont vites nettoyés, c'est traversant. Il y a deux vides-ordures à l'extérieur de l'appartement (certains HDB l'ont à l'intérieur ce qui attire les cafards), 2 ascenseurs qui fonctionnent et même un petit jardin sur le toit. Pas mal de fourmis mais bon ça existe aussi en France, il faut nettoyer et sortir la poubelle tous les jours. Privilégier les derniers étages pour éviter (un peu) les insectes mais surtout avoir un peu plus de vent.

Le jardin sur le toit, là aussi on trouve des bancs et des tables.

Pour conclure, le système des HDB, pourtant fait dans l'urgence, est tout de même qualitatif. L'alternative, ce sont les condos (des appartements privées avec piscine, salle de sport, gardiens à l'entrée -15% des logements) ou les maisons individuelles assez rares (5%).

Néanmoins à Singapour, la réussite d'une vie est parfois mesurée avec les 5 "C" : Cash, Car, Credit card, Country club et... Condo, pas HDB.

Bonus : un site de poésie s'appelant "Void Deck".

2 juillet 2026 - Paul le français à Singapour

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